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ECLATS DE TENDRESSE
sur des airs d'Opérettes.


Donné pour la première fois au théâtre de Nesle en avril 2001 avec le pianiste Bertrand Giraud. Égrenant des airs pétillants et cocasses, « Éclat de Tendresse » illustre bien ce programme varié, issu du théâtre musical des XIXème et XXème siècles. Des airs et chansons aux textes spirituels et piquants qui, épousant une musique légère et mélodieuse, permettent d'avouer toutes les vérités ! Diane et Bertrand s'accordent parfaitement à rendre à ce genre toutes ses couleurs. Leur spectacle dépeint une intemporelle fresque du comportement féminin face à l'amour : la coquetterie, la ruse, le charme, la tendresse, l'art de vivre et de rire "à la française". La soprano, utilisant toutes les richesses et subtilités de sa palette vocale, dialogue avec son pianiste et le public avec un naturel qui fait oublier que c'est du théâtre. Les éclats de voix et de rire glissent vers d'intimes émotions.

Programme de ce spectacle

C’est la saison d’amour
de l’opérette « Trois Valses » d’Oscar Straus (d’après Johan Stauss père)
paroles de Albert Willemetz et Léopold Marchand.


Oui je suis, je m'en rends compte, en retard et j'en ai honte !
Mais il faut que je vous conte ce qui viennent de m'arriver.
Je passais aux Tuileries, quand dans une allée fleurie,
Une voix s'est élevée à moins que j'aie rêvé,
Une voix qui me berçait et tout bas me disait :
C'est la saison d'amour, c'est le joyeux retour
Du soleil, du muguet, du lilas, viens profiter de tout cela !
Viens fêter les beaux jours car les beaux jours sont courts
Souviens-toi que plaisir d'amour ne dure pas toujours.
La chanson était si belle que ramiers et tourterelles
L'ont soudain reprise en cœur pour mieux troubler mon cœur
Et la voix qui m'enchantait en me suivant chantait :
C'est la saison d'amour, c'est le joyeux retour
Du soleil, du muguet, du lilas, viens profiter de tout cela !
Viens fêter les beaux jours car les beaux jours sont courts
Souviens-toi que plaisir d'amour ne dure pas toujours.



Ah ! cher Monsieur, excusez-moi
de « Phi Phi » d’Henri Christiné et Albert Willemetz

Ah ! cher monsieur excusez-moi ! Excusez moi !
Je suis encore tout étourdie, tout ahurie, tout engourdie !
Excusez un moment d'émoi, pardonnez à mon bavardage !
Je suis encore tout étourdie, je suis encore tout engourdie !
Excusez un moment d'émoi, pardonnez à mon bavardage !
J'en suis à mon premier tirage !
Je reviens d'chez madame de Thèbes, dans mon jeu il y a un homme brun,
Qui m'épousera, je s'rai célèbre, j'aurai mon nom dans le Bottin !
Une femme noire me cherchera les noises mais il paraît que ça ne fait rien
C'est une femme mariée, une bourgeoise, et tout c'la finira très bien !

Dans mon jeu il y a des tas de piques, il paraît qu'c'est des tas d'argent
J'serai quelque chose dans la République, qui sait ... la femme du Président !
N'est ce pas que c'est à n'y pas croire, n'est-ce pas qu'c'est beau, n'est-ce pas que c'est fou !
Et pour m'apprendre toutes ces histoires on ne m'a pris que 40 sous ! Etc.



La Diva de l’Empire
d'Erik Satie

Sous le grand chapeau Greenaway mettant l'éclat d'un sourire,
d'un rire charmant et frais, de baby étonné qui soupire
Little girl aux yeux veloutés, c'est la diva de l'Empire,
C'est la reine dont s'éprennent les gentlemen et tous les dandys de Piccadilly.

Dans un seul Yes, elle met tant de douceur,
que tous les snobs en gilet à cœur, l'accueillant de Hourra frénétiques
Sur la scène lancent des gerbes de fleurs
sans remarquer le rire narquois de son joli minois.

Sous le grand chapeau Greenaway mettant l'éclat d'un sourire,
d'un rire charmant et frais, de baby étonné qui soupire
Little girl aux yeux veloutés, c'est la diva de l'Empire,
C'est la reine dont s'éprennent les gentlemen et tous les dandys de Piccadilly.

Elle danse presque automatiquement et soulève
Oh ! très pudiquement ! ses jolis dessous de fanfreluches
de ses jambes, montrant le frétillement,
c'est à la fois, très, très innocent et très, très excitant.

Sous le grand chapeau Greenaway mettant l'éclat d'un sourire,
d'un rire charmant et frais, de baby étonné qui soupire
Little girl aux yeux veloutés, c'est la diva de l'Empire,
C'est la reine dont s'éprennent les gentlemen et tous les dandys de Piccadilly.



Amour divin
d'Offenbach dans La Belle Hélène

Amour divins, ardentes flammes ! Vénus, Adonis, Gloire à vous !
Le feu brûlant nos folles âmes, Hélas ce feu n'est plus en nous !
Ecoutes-nous Vénus, Vénus la Blonde, écoutes-nous Vénus, la Blonde
Il nous faut de l'amour, n'en fut-il plus au monde
Il nous faut de l'amour, nous voulons de l'amour ! (bis)

Les temps présents sont plats et fades plus d'amour plus de passion
Et nos pauvres âmes malades se meurent de consomption !
Ecoutes nous Venus
Il nous faut de l'amour, n'en fut il plus au monde
Il nous faut de l'amour nous voulons de l'amour !




Si j’avais su !
de Henri Christiné : opérette Dédé

Vous avez du toupet les hommes, vous êtes les rois, c'est entendu.
Vous prenez tous les droits en somme tout est à vous, tout vous est dû ...
et lorsque devant votre audace une femme, très gentiment, vous remet vite à votre place,
tout remplis de ressentiments, vous vous écriez , ahuris que ça n'aie pas pris :
Si j'avais su évidemment, j'aurais agit tout autrement,
j'aurais du deviner que ça pouvait mal tourner,
oui mais voilà j'n'ai pas prévu ce qui m'arrive,
et j'ai perdu l'occasion, salutaire, de m’taire.
Ah si j'avais su ! Ca prouve que dans l'existence faut toujours être prudent,v et compter avec la malchance qui peut causer s accidents ...
N'allez pas trop vite à l'attaque ne brusquez pas trop votre élan,
et songez qu'une petite claque peut démolir tout votre plan
Et vous fait dire avec regrets cinq minutes après :
Si j'avais su évidemment …




Le souper
d'Offenbach dans Belle Lurette

C était le soir la rue était vermeille et le soleil, se couchait au dehors,
tu fit venir une grande bouteille et tu remplis deux verres jusqu'au bord.
Oh !ce vin là, c'est traître, ça vous monte et j'ai tout bu oui tout, même ma honte …
Ce petit souper impromptu, dis moi fripon t'en souviens tu ?
Ce petit souper impromptu dis-moi, dis-moi fripon ! t'en souviens tu ?
C'était le soir le champagne était rose ,rose le ciel et rose l'avenir
Le ciel est noir l'avenir est morose et le champagne on a du le finir
Ais je vidé rapidement mon verre ? De ce détail il ne m'en souvient guère ...
Ce petit souper impromptu, dis moi fripon t'en souviens tu ?
Ce petit souper impromptu dis-moi, dis-moi fripon ! t'en souviens tu ?




Que les hommes sont bêtes
d'Offenbach : La Périchole

Que veulent dire ces colères, et ces gestes de mauvais ton ?
Sont-ce là Monsieur les manières qu'on doit avoir dans un salon, qu'on doit avoir dans un salon
Troubler ainsi l'éclat des fêtes dont je prends ma part pour ton bien ...
Nigaud, nigaud tu ne comprends donc rien, rien, rien...
Mon Dieu, Mon Dieu que les hommes sont bêtes (ter)
Mon Dieu ah... Que les hommes sont bêtes ...

Comment ! tu vois que j'ai la chance et tu veux tout brouiller ici !...
manquerais tu de confiance c'est un défaut chez un mari, c'est un défaut chez un mari !
Laisses les donc finir ces fêtes et puis après tu verras bien ...
Nigaud, nigaud ! Tu ne comprends donc rien, rien, rien
Mon Dieu, Mon Dieu que les hommes sont bêtes (ter)
Mon Dieu ah... Que les hommes sont bêtes ...





Je t’adore, brigand
d'Offenbach : La Périchole

Tu n'es pas beau, tu n'es pas riche, tu manques tout à fait d'esprit,
tes gestes sont ceux d'un godiche, d'un saltimbanque dont on rit...
Le talent c'est une autre affaire tu n'en a guère de talent,
de ce qu'on doit avoir pour plaire tu n'as presque rien ...
Et pourtant … [Lui : et pourtant ?]
Je t'adore brigand j'ai honte à l'avouer, je t'adore et ne puis vivre sans t'adorer,
je t'adore brigand ,j'ai honte à l'avouer, je t'adore et ne puis vivre sans t'adorer.
Je ne hais point la bonne chair, on dîne chez le président,
tandis que toi, toi pauvre ère je mourais de faim avec toi.
J'en avait chez lui de la joie, j'en pouvais prendre tant et tant,
j'avais du velours, de la soie, de l'or, des bijoux ...
Et pourtant … [Lui : et pourtant ?]
Je t'adore brigand j'ai honte à l'avouer, je t'adore et ne puis vivre sans t'adorer,
je t'adore brigand, j'ai honte à l'avouer, je t'adore et ne puis vivre sans t'adorer.




Adieu, je pars
d'André Messager : Véronique

Adieu, je pars c'est mon devoir, puisque ce soir on vous marie.
Ne m'accusez pas sans savoir, monsieur Florestan, je vous prie.
Il est quelqu'un qui vous attend une bonne petite fille,
qui vous aimera tendrement, c'est bon, croyez moi la famille.
Auprès d'elle vous m'oublierez, je vous l'assure tout de suite
et, quand ce soir vous la verrez vous serez consolé bien vite.
Adieu je pars, c'est mon devoir, souffrez sans plus qu'elle s'explique
Que vous quitte bien tristement... Celle qui signe « Véronique »




La Banlieue
de Reynaldo Hahn : Ciboulette

Y a des arbres, des maisons, y'a l'église et la mairie,
Y a des filles, des garçons, y'a tout c'qu'il faut pour qu'on s'marie….
On y jargonne aucun patois, la grand’ville est à quelques lieues,
Mi-Parisien, mi-villageois, c'est pas Paris, c'est sa banlieue.
Quand on s'aim’ c'est pour toujours, la campagn’ c'est plein d'innocence,
Mais parfois ça n'dur’ pas huit jours, la grand’ville c'est plein d'inconstance.
alors ça fait un compromis ; on cultiv’ la p'tit’ fleur bleue,
On la cueille en changeant d'ami … C'est pas l'amour ... c'est sa banlieue.
Pourtant, y a bien des rancœurs, plus d'un pleure et s'mont’ la tête …
A la campagn’, les pein’s de cœurs dur’nt plus longtemps, car on s'embête,
Mais c'est si près, si gai, Paris ! que l'souci fait tête à queue
Sam’di l'on pleur, dimanch’ l'on rit ...
C'est pas l'chagrin, c'est sa banlieue.



Le dîner à l’Elysée
d'Eric Satie

Le président, d'une façon fort civile, avait invité nos grands peintres français
a venir goûter sa cuisine a l'huile. On raconte que ce fut vraiment parfait.
Après la soupe, radis et caviar, presque comme par hasard ...
Ça sentait bon et le moment était suprême
et la musique du soixante quatorzième de ligne jouait, ne vous déplaise,
La Marseillaise ! Hymne vraiment français ou française !
La conversation avait été fort maigre jusque là,
quand l'épouse du Président, qui avait à sa gauche ce sale Leygues,
et à sa droite Monsieur Jean Paul Laurens,
Dit, tout à coup ,au Ministre des Beaux Arts
« En voulez vous du z'homard ? » Ça sentait bon et le moment était suprême
et la musique du soixante quatorzième de ligne jouait, ne vous déplaise,
La Marseillaise ! Hymne vraiment français ou française !
Mais subitement les liquides manquèrent ( on était au gigot aux haricots)
Le Président dit a son fils : Ventre à terre !
Cours chez notre bistrot de la rue Duphot
me chercher douze bouteilles de bons vieux litres de choix,
Dis lui bien que c'est pour moi !
Ça sentait bon et le moment était suprême
et la musique du soixante quatorzième de ligne jouait, ne vous déplaise,
La Marseillaise ! Hymne vraiment français ou française !
Après le café, ce grand noircisseur d'âmes,
ces messieurs assurèrent sérieusement notre Président (Auguste pour les Dames),
et sa dame de leur profond dévouement puis ils se retirèrent tranquillement et tout en borborygmant.
Ça sentait bon et le moment était suprême
et la musique du soixante quatorzième de ligne jouait, ne vous déplaise,
La Marseillaise ! Hymne vraiment français ou française !



Dîner à l’Elysée
Charles Lecocq : La fille de Mme Angot

Jadis les rois, races proscrites, enrichissaient leurs partisans,
Ils avaient maintes favorites, cent flatteurs, mille courtisans.
Sous le Directoire tout change, pourtant ne vous y fiez pas !
On dit mademoiselle Lange la favorite de Barras ...
Barras est roi, Lange est sa reine
C'n'était pas la peine, c'n'était pas la peine, non pas la peine assurément de changer de gouvernement ! (bis)
Pour épuiser la France entière ,les rois avaient des financiers,
Et Barras a Larivaudière qui paye tous ces créanciers
Seulement, ce qu'on ne dit guère, c'est qu'en dépit des tribunaux
Barras paye Larivaudière ... avec 1es biens nationaux
Voilà comment ...
C'n'était pas la peine, c'n'était pas la peine, non pas la peine assurément de changer de gouvernement ! (bis)




J’ai deux amants
d'André Messager et Sacha Guitry : « L'Amour Masqué »

J'ai deux amants c'est beaucoup mieux,
car je fais croire à chacun d'eux
que l'autre est le monsieur sérieux !
Mon Dieu ! que c'est bête les hommes !
Ils me donnent la même somme exactement par mois,
et je fais croire à chacun d'eux,
que l'autre m'a donné le double chaque fois
et ma foi, ils me croient, ils me croient, tous les deux...
Un seul amant, c'est ennuyeux,
c'est monotone et soupçonneux,
tandis que deux c'est vraiment mieux!
Mon Dieu que c'est bête les hommes,
on les f'rait marcher sur la tête facilement je crois
si par malheur ils n'avaient pas, à cet endroit précis vdes ramures de bois qui leurs vont et leurs font un beau front ombrageux
Je ne sais pas comment nous sommes, nous sommes,
mais mon Dieu que c'est bête un homme un homme un homme Mon Dieu,
que c'est bête Un homme, alors vous pensez :Deux »




Je ne t’aime pas
de Kurt Weil

Retire ta main, je ne t'aime pas car, tu l'as voulu, tu n'es qu'un ami.
Pour d'autres sont faits le creux de tes bras et ton cher baiser, ta tête endormie
Ne me parles pas lorsque c'est le soir trop intimement, à voix basse même,
ne me donne pas surtout ton mouchoir, il renferme trop le parfum que j'aime,
dis moi tes amours, je ne t'aime pas,
Quelle heure te fut la plus enivrante, je ne t'aime pas...
et si elle t'aimait bien ou si elle fut ingrate. ..? En me le disant ne soit pas charmant, je ne t'aime pas.
Je n'ai pas pleuré, je n'ai pas souffert, ce n'était qu'un rêve et qu'une folie...
Il me suffira de voir ton bonheur, il me suffira de voir ton sourire.
Conte-moi comment elle a pris ton cœur et même dis moi ce qu'on ne peut dire ...
Non ! Tais-toi plutôt ... Je suis à genoux... Le feu est éteint ,la porte est fermée ...
Je ne t'aime pas. ! Ne me demande rien. Je pleure, c'est tout...
Je ne t'aime pas ,oh mon bien aimée ! Retire ta main, je ne t'aime pas.




La Dernière Valse
de Reynaldo Hahn, de l’opérette « Une Revue » (1926), paroles de Maurice Donnay et Henri Duvernois

Les feuilles tombent, c'est l'automne. Tu pars, tout est fini !
Ecoute le vent monotone dans la forêt sans nid.
Dans sa tristesse la nature révèle à ma raison
Que l'amour est une aventure qui dure une saison.
Mais ce soir valsons ensemble, c'est pour la dernière fois.
Presse encor ma main qui tremble, que j'entende encor ta voix,
Et si tu vois des larmes qui brillent dans mes yeux,
Peut-être alors mes yeux auront des charmes délicieux.
Pour m'étourdir dans ma détresse, valsons comme aux beaux jours,
Quand tu jurais à ta maîtresse de l'adorer toujours.
Valsons, valsons, ton bras me serre bien fort contre ton cœur ;
Et je pense : était-il sincère ou bien toujours menteur ?
Mais ce soir, valsons ensemble c'est pour la dernière fois,
Presse encor ma main qui tremble, que j'entende encor ta voix !
Et si tu vois des larmes qui brillent dans mes yeux,
Peut-être alors mes yeux auront des charmes mystérieux.
Dernier baiser, dernière étreinte. Tu pars ! Voici le jour !
Une étoile s'est éteinte dans le ciel de l'amour.
Cruel, cruel, tu vois les larmes qui coulent de mes yeux !
Mais les larmes n'ont plus de charmes pour les cœurs oublieux.


 
   
 
 
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